Pollution et santé

Quelles sont conséquences de la pollution de l’air sur la santé des citoyens ? Notre partenaire, la Fondation du Souffle, fait un rapide point des données médicales et épidémiologiques.

Bien que les conséquences de la pollution soient ressenties par de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables tels les asthmatiques, les enfants en bas âge et les personnes âgées, il est souvent difficile de mettre en évidence l’impact précis de la pollution de l’air sur la santé. En effet, notamment en milieu urbain ou rural avec cultures intensives, elle évolue au fil des années, au fur et à mesure des modifications des activités humaines mais également au cours d’une même année selon les activités et les variations climatiques notamment. De plus, chacun de nous est exposé à la pollution extérieure mais également à des pollutions domestiques ou en milieu professionnel très variables. On comprend que faire la part des choses ne soit pas toujours simple.

Connaître cet impact est cependant essentiel car nous ne pouvons pas choisir de respirer ou d’interrompre cette fonction lorsque l’air contient toxiques et particules. Quoi qu’il arrive, chacun de nous doit, pour vivre, inhaler plus de 10 000 litres d’air quotidiennement. Et, sauf à vivre équipés de masques sophistiqués capables d’arrêter les toxiques et les particules fines, notre seul filtre est constitué par la muqueuse bronchique et la paroi alvéolaire. Celles-ci sont très efficaces pour peu que l’on ne les soumette pas à un excès d’agresseurs… c’est là qu’apparaissent les gènes et les maladies.

Aujourd’hui, les études publiées dans différents pays concordent sur un certain nombre de points et sont de plus en plus nombreuses à souligner l’impact de la pollution de l’air sur la santé. Ainsi, on sait maintenant que c’est le 5ème facteur de risque de maladie et de décès dans le monde, juste après le tabagisme.

Les effets proviennent de la combinaison d’une exposition au long cours (pollution de fond) et plus aigüe (lors des pics de pollution). L’impact de la pollution sur la durée est plus important que celui des épisodes de pics : lors de ces derniers on observe une exacerbation des symptômes chez les malades des voies respiratoires (asthme, Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive et insuffisance respiratoire) et une augmentation des consultations dans les services d’urgence et des hospitalisations.

Au long cours, différentes études ont montré la relation entre mortalité et exposition chronique à certains toxiques ou particules (oxydes d’azote, micro particules,…) et, à l’inverse, l’augmentation d’espérance de vie pour les personnes non soumises à ces polluants. De même, des relations ont été établies entre la distance des habitations et même de l’étage par rapport à l’environnement routier et au trafic.

La pollution de l’air (extérieur et intérieur) est responsable de millions de morts prématurées dans le monde. Les chiffres actuels sont bien plus élevés qu’on ne l’estimait il y a quelques années.

Données récentes sur la pollution

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a donné en mars 2014 de nouvelles estimations sur les effets sanitaires de la pollution de l’air : près de 7 millions de personnes en sont décédées prématurément en 2012 – une sur huit au niveau mondial – du fait de l’exposition à l’air «ambiant ou extérieur » et à l’air intérieur ; nombreux sont ceux qui sont en fait exposés à ces deux types de pollution. Ces chiffres, représentant plus du double des estimations antérieures, confirment que la pollution de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde.

Conséquences sanitaires de la pollution : maladies pulmonaires, cardiovasculaires et cancéreuses. Les nouvelles données de l’OMS mettent en évidence un lien fort entre pollution de l’air intérieur et extérieur, cancer et maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cérébraux et cardiopathies ischémiques représentant la grande majorité des décès). A ceci s’ajoute l’apparition et l’aggravation de maladies respiratoires, et notamment d’infections respiratoires aiguës, de broncho-pneumopathies chroniques obstructives et d’asthme. Tous ces effets sur la santé sont en particulier dus à l’exposition à un aérosol de particules fines (≤ 10 μm de diamètre, ou PM10/ ou à 2,5 ou ≤ PM2,5) et à des polluants gazeux irritants pour les voies aériennes (notamment oxydes d’azote et de soufre, ozone). Pour le Dr Maria Neira, de l’OMS, « Peu de risques ont un impact supérieur sur la santé mondiale à l’heure actuelle à celui de la pollution de l’air ; ces faits indiquent la nécessité d’une action concertée pour rendre l’air que nous respirons plus propre. »

Décès liés à la pollution atmosphérique : la répartition des décès attribués à chaque type de maladie

Décès dus à la pollution extérieure

  • 40 % cardiopathies ischémiques ;
  • 40 % accident vasculaire cérébral ;
  • 11 % bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) ;
  • 6 % cancer du poumon ;
  • 3 % infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez l’enfant.

Décès dus à la pollution intérieure

  • 34 % accident vasculaire cérébral ;
  • 26 % cardiopathies ischémiques ;
  • 22 % bronchopneumopathies chroniques obstructives ;
  • 12 % infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez l’enfant ;
  • 6 % cancer du poumon.

Pollution atmosphérique et cancer

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé a classé fin 2013 la pollution de l’air extérieur comme cancérigène certain. Les scientifiques disposent de preuves suffisantes pour affirmer que l’exposition à la pollution provoque le cancer du poumon et augmente probablement le risque de cancer de la vessie. D’après les données les plus récentes du CIRC, en 2010, 223 000 personnes sont mortes dans le monde des suites d’un cancer du poumon en lien avec la pollution de l’air. Les particules diesel, élément majeur de la pollution de l’air extérieur, ont été évaluées séparément et classées elles aussi en juin 2012 comme cancérigènes certains pour l’homme.

Changement climatique et santé

Avec le changement climatique, des modifications des effets de la pollution de l’air sur la santé sont à prévoir notamment en raison du réchauffement (effets conjugués sur la muqueuse respiratoire et sur la production de polluants), de l’augmentation des précipitations et inondations qui favorisent les moisissures et les conditions de vie précaires générant l’augmentation des infections respiratoires, de l’extension des saisons polliniques, de feux de forêts qui provoquent des pics de pollution.

 

Fondation du Souffle

Un texte de la Fondation du Souffle,
partenaire de Respire.