Un Air de Liberté

Reprendre le fil de l’essentiel et repartir de l’humain semble relever du bon sens et pourtant rien de plus difficile. Comment faire aimer l’idée que le bien commun passe par le bien être personnel ?

On s’époumone à trouver un accord juridique contraignant au niveau planétaire et d’un climat fugace et lointain pour la majorité, violent et engloutissant pour une minorité. Voyez comme il est compliqué de se mettre d’accord à 5 ou 10, alors imaginez à 196… Au niveau national, rien n’est fait pour faire aimer l’environnement, faire comprendre que de la qualité de notre cadre de vie dépend notre bonne santé. Ce ne sont que taxes et actions perçues comme liberticides. Lors des pics de pollution, des centres-villes entiers sont inaccessibles et on interdit de circuler en alternance. On oppose les automobilistes et les personnes devant rester chez elles. En tant que citoyen, nous sommes bombardés d’informations compliquées (pollution aux particules PM2,5, pic d’ozone, alerte dioxyde d’azote, etc.). Un jour on accuse les voitures, le lendemain les centrales à charbon, un autre jour encore ce sont les feux de cheminée. Certaines informations semblent contradictoires : isolez vos logements, mais aérez les en ouvrant les fenêtres. La qualité de l’air débarque dans le dérèglement climatique, c’est la confusion.

Il semble que nous nous y prenions mal car nous ne nous saisissons pas de l’air. En effet, ce que les gens respirent leur parle. Tout comme l’eau, qu’on évite de boire marron ou pleine de particules en suspensions, il en va de même pour l’air. Pour cela, il devient urgent de traduire ce sujet de pollution bien lointain en réalité, en liberté de tous les jours.

Rendre visible l’invisible n’est pas tâche aisée mais c’est essentiel si l’on veut qu’un grand nombre d’individus se sentent concernés, pour s’impliquer. C’est dans cette logique de visibilité que l’association Respire, pour les Respirations 2015, fait émerger des témoignages de citoyens qui racontent avec leurs mots les difficultés qu’ils vivent à cause d’un air de mauvaise qualité, qu’elle qu’en soit la source. Il y a des gens devant les chiffres de la pollution, privés de cette liberté la plus élémentaire. Il y a des travailleurs. Des docteurs. Des parents. Des ados… Il y a vous. Il y a nous.

L’air que nous respirons chaque seconde, cet air que nous partageons est un de nos essentiels. Peut-être le premier d’ailleurs. Apprenons à respirer ensemble. Un air de liberté qui est in extenso une question de respect, de justice et de paix. Se saisir de sa propre bulle, pour améliorer la qualité de l’air de tous

L’idée de ces billets d’air est à la fois inédite et puise sa force dans son humilité. En une minute, un échantillon de la population raconte son expérience de la pollution. Des formats de lecture courts qui sont autant d’expériences humaines où chacun se reconnaîtra tout ou partie.

Un air de liberté, une histoire de gens et une question de civilisation.

 

Les-respirations-logo-200Thomas Kerting
 et Mathilde Lorenzi
Les Respirations